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La mode, deuxième industrie la plus polluante…

Et oui, si on vous incite à acheter des vêtements de seconde main, ce n’est pas pour le plaisir de nous payer une résidence secondaire à Bora Bora (en plus l’avion, ça pollue..)

Si on vous demande quelle est l’industrie la plus polluante, vous allez répondre, le pétrole. Certes, mais saviez-vous que la deuxième place était occupée par… la mode?

Et oui, produire une tonne de textile équivaut à polluer 200 litres d’eau. Pour se donner bonne conscience, et pour redorer -ou plutôt reverdir- leur blason, les fabricants remplacent de plus en plus le coton, gros consommateur d’eau, par la viscose. Sauf que pour fabriquer la viscose, il faut employer des produits chimiques dangereux comme le disulfure de carbone…

La fast fashion ou la production sans états d’âme

Ajoutez à cela depuis 2020, l’émergence de la “fast fashion“, qui consiste à produire à un rythme effréné des vêtements de qualité médiocre. Fer de lance de cette tendance, la célèbre marque espagnole commençant par un “Z”, qui a hissé son fondateur en deuxième position du classement des fortunes mondiales de Forbes. Le polyester, couramment utilisé dans la fast fashion, est une fibre synthétique dérivée du pétrole. Et au lavage, des microfibres plastiques sont relâchées dans les cours d’eau, puis les océans, ce qui ne fait pas l’affaire de leurs habitants… habitants, qui, par ailleurs, finissent souvent dans les assiettes. Bon, je n’irai pas jusqu’à dire “mangez directement vos vêtements, ça ira plus vite”, quoique… Selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energiehttps://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/), chaque année, c’est l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques qui est rejeté en mer. Le problème est aggravé par l’utilisation de lessives contenant des tensioactifs, très peu biodégradables. C’est la principale cause de pollution des océans, devant les sacs plastiques.

Bon, ok, le synthétique, ce n’est pas fantastique, donc retournons au coton, allez-vous me dire. Que nenni, vous répondrai-je: le coton est la culture la plus gourmande en pesticides. Elle couvre seulement 2,5% de la surface agricole mondiale mais consomme 11% des pesticides. Elle est par ailleurs très friande d’engrais chimiques, qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques et encourage la prolifération d’algues ; ainsi que d’eau. Pour la conception d’un jean, il faut environ 7500 litres d’eau, soit environ 50 baignoires bien remplies… Quand on sait que ledit jean est la plupart du temps produit dans un pays où la population locale a souvent un accès limité à l’eau douce, comme l’Inde ou la Chine, on a une petite idée de l’impact sur les habitants.

Et question éthique, la fast fashion, ce n’est pas ça non plus… En Inde, par exemple, 98% du coton est génétiquement modifié, pour, mais vous l’aurez deviné, augmenter les rendements. Si effectivement, ces derniers ont augmenté les premières années, ils chutent depuis les années 2000, nécessitant toujours plus d’engrais et de pesticides et causant l’endettement des cultivateurs indiens. Vous vous souvenez peut-être du scandale de ces milliers de paysans endettés qui se sont suicidés en absorbant des pesticides en 2006 dans la région de Vidarbha. Mais que pèse un ou même mille paysans face à Monsanto?

Alors il reste quoi? Les matières animales? Outre le fait que l’industrie du cuir animal est aussi très polluante, les animaux sont traités de façon atroce, et ça, c’est à vous de voir si votre conscience s’en accommode.

Donc, on vit tout nu? Non, ce n’est pas ce que je suis en train de vous dire, rassurez-vous. On peut privilégier des matières plus naturelles, comme le lin, le chanvre (pas que le chanvre indien, qui, lui, se fume en général), ou le coton biologique.

Le mirage du black friday

On arrête aussi d’acheter et de consommer à tout va des vêtements neufs mais de mauvaise qualité qui ne nous feront que l’espace d’un instant. En France, on achète environ 10 kg de textiles et chaussures chaque année. Et on est tous pareils, on porte souvent les mêmes choses. Selon une étude réalisée par Greenpeace, 68% de notre garde robe n’a pas été portée au cours des 10 derniers mois. Quand arrive le Black Friday, où l’on nous martèle avec les 50, 60 voire 70% d’économie que nous réalisons en achetant, dites-vous bien qu’en n’achetant pas (je parle de produits dont on n’a pas réellement besoin, mais dont le rabais nous séduit plus que le produit lui même), et bien on réalise 100% d’économie. Même si la laine est écologique, arrêtons d’être les moutons sur le dos desquels les multinationales s’engraissent.

black friday

Consommer moins, consommer mieux

Vêtements neufs à prix riquiqui, méfiance, prudence… Derrière ces offres a priori appétissantes se cachent presque toujours des vêtements de mauvaise qualité, dans des matières synthétiques, que vous utiliserez peu.

Privilégier les marques qui adoptent une démarche environnementale, ok ça vous coûtera peut-être un peu plus cher, mais vous durera aussi plus longtemps en règle générale.

Utiliser une lessive écologique, histoire de ne pas remettre une couche de produits chimiques dans les cours d’eau. Les puristes peuvent également fabriquer leur lessive eux-mêmes. Lessive mode d’emploi, ici:

Economiser l’énergie, c’est à dire, ne pas faire tourner une machine à laver pour une paire de chaussettes. D’autant que, même là, vous n’en retrouverez qu’une sur les deux, les chaussettes ayant le pouvoir maléfique de disparaître dans le lave linge. Choisir le mode éco, laver à basse température et privilégier le séchage à l’air libre, bref, tout ça, c’est du bon sens.

Le séchage à l’air libre, certes moins facile les jours de pluie…

En avant toute vers la seconde main!

Trier ses vêtements, les troquer, les donner à une association caritative ou de recyclage (au hasard, le Tremplin…), les mettre dans une borne de collecte, c’est bien. Y faire vos emplettes (dans les boutiques de seconde main, pas dans les bornes), c’est bien aussi. Il est loin le temps ou acheter des “vêtements d’occasion, même pas neufs déjà portés” était réservé aux “pauvres”. Aujourd’hui, c’est une démarche citoyenne et responsable. C’est aussi la garantie de vous créer un look unique et de ne pas vous retrouver avec 10 autres femmes qui auront acheté la même robe que vous. Parce que, ça, ça met de mauvaise humeur pour toute la journée…

Valie L.

4 thoughts on “La mode, deuxième industrie la plus polluante…

  1. ravie déjà des magasins, je vais certainement aimer le site

    1. On espère que vous allez l’aimer, on a travaillé d’arrache-pied 🙂

  2. ravie des magasins sur Orléans, le site sera un plus. Merci

    1. Merci beaucoup Ghislaine, c’est très gentil

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